EORI SIREN en 2026 : que doivent faire les entreprises qui importent du Japon ?
La douane française bascule progressivement de l’EORI SIRET vers l’EORI SIREN en 2026. Voici ce qu’un importateur français achetant au Japon doit vérifier avant une prochaine expédition.
Réponse courte
En 2026, une entreprise française qui importe du Japon doit vérifier qu’elle dispose bien d’un EORI au format SIREN, soit FR suivi des 9 chiffres du SIREN. La France abandonne progressivement les anciens EORI rattachés aux établissements, au format SIRET. La douane indique que les EORI SIRET doivent être désactivés au cours du second semestre 2026. Il est donc préférable de contrôler son EORI SIREN avant une prochaine expédition.
Pour une PME qui achète régulièrement au Japon, ce changement peut sembler purement administratif. Il touche pourtant l’identifiant utilisé dans plusieurs démarches et systèmes douaniers.
Le sujet est particulièrement actuel : la Direction générale des douanes a publié en juin 2026 de nouvelles informations sur la trajectoire de bascule vers l’EORI SIREN. Certaines autorisations et plateformes sont déjà concernées, tandis que la transition se poursuit sur le reste des procédures.
Qu’est-ce qu’un numéro EORI ?
L’EORI — Economic Operators Registration and Identification — est l’identifiant douanier d’un opérateur économique dans l’Union européenne.
Une entreprise française qui réalise des opérations d’importation doit notamment pouvoir être identifiée par son EORI dans les formalités douanières.
Historiquement, la France a utilisé des EORI rattachés aux établissements :
- ancien format : FR + SIRET, soit un identifiant lié à un établissement ;
- nouveau format : FR + SIREN, soit un identifiant unique lié à l’entité juridique.
Cette évolution harmonise le système français avec le principe européen d’un identifiant attribué à l’entité juridique.
Mon EORI SIRET fonctionne encore : dois-je vraiment changer en 2026 ?
Oui, il faut préparer la transition.
La douane française indique que l’EORI SIRET reste encore accepté dans certaines applications nationales, mais précise que les EORI SIRET doivent être désactivés pendant le second semestre 2026, à une date annoncée par l’administration.
Dans le même temps, l’EORI SIREN est déjà obligatoire dans plusieurs environnements européens. Depuis le 11 juin 2025, par exemple, les nouvelles demandes déposées dans le portail européen des décisions douanières TP-CDS doivent utiliser l’EORI SIREN.
En pratique, continuer à raisonner uniquement avec l’ancien identifiant d’un établissement crée donc un risque croissant d’incohérence entre les systèmes utilisés par l’entreprise, son représentant en douane et l’administration.
Comment savoir si mon entreprise possède déjà un EORI SIREN ?
Une entreprise peut déjà disposer d’un EORI SIREN sans avoir récemment effectué une nouvelle demande. Les opérateurs économiques agréés (OEA), notamment, disposent automatiquement d’un EORI SIREN selon la douane française.
Pour une entreprise qui n’en dispose pas, la demande d’EORI SIREN peut être effectuée auprès de la douane via le service SOPRANO-EORI.
Avant une nouvelle importation du Japon, il est utile de vérifier quatre points :
- 1l’EORI SIREN existe et correspond bien à l’entité juridique importatrice ;
- 2le représentant en douane ou transitaire possède le bon identifiant ;
- 3les habilitations aux services douaniers utilisés ont été adaptées lorsque cela est nécessaire ;
- 4les données communiquées dans les systèmes ou documents réglementaires ne font pas référence à un ancien établissement par erreur.
Est-ce que mon fournisseur japonais doit connaître mon nouvel EORI ?
Pas pour fabriquer ou vendre la marchandise, mais il peut être utile de lui communiquer l’identifiant correct lorsqu’il figure dans les instructions d’expédition ou de facturation destinées au dédouanement.
Le point le plus important est surtout que les acteurs qui préparent la déclaration d’importation disposent des bonnes données : votre service logistique, votre transitaire, votre représentant en douane et, selon l’organisation du transport, le prestataire japonais qui transmet les instructions documentaires.
Une ancienne fiche client réutilisée à chaque expédition peut suffire à faire réapparaître un EORI SIRET obsolète.
Pourquoi ce changement peut-il poser problème sur une importation depuis le Japon ?
Une importation mobilise plusieurs jeux de données : identité de l’importateur, facture commerciale, nomenclature douanière, origine, valeur, documents de transport et éventuelles autorisations.
Lorsque l’identifiant de l’importateur n’est pas cohérent entre les systèmes, le problème apparaît au moment des formalités.
La douane rappelle d’ailleurs, dans ses procédures 2026, l’importance de la concordance des EORI. Dans certaines interfaces automatisées, les contrôles rapprochent déjà les données sur la base des premiers caractères correspondant à FR + SIREN.
Pour un acheteur français, la bonne question n’est donc pas seulement « mon fournisseur a-t-il expédié ? », mais aussi : les données douanières qui accompagneront l’expédition sont-elles à jour ?
Exemple : une PME importe des pièces depuis Osaka
Une société française possède deux établissements et importait historiquement avec un EORI construit à partir du SIRET de son entrepôt.
Elle commande des pièces auprès d’un fournisseur à Osaka et transmet au transitaire les mêmes instructions que lors de sa dernière opération en 2025.
En 2026, la démarche la plus sûre consiste à ne pas simplement recopier l’ancien dossier. Avant le départ, l’entreprise vérifie :
- 1son EORI SIREN au niveau de la société ;
- 2l’identifiant enregistré chez son représentant en douane ;
- 3les éventuelles autorisations ou habilitations encore associées à l’ancien EORI ;
- 4les instructions documentaires envoyées au Japon.
Cette vérification prend peu de temps comparée au traitement d’une incohérence lorsque la marchandise est déjà arrivée en France.
FRANCE SESAME est-il également concerné ?
Oui.
FRANCE SESAME, utilisé notamment pour certains flux soumis à des formalités sanitaires, phytosanitaires ou agricoles, fait partie des services concernés par la transition en 2026.
La douane a précisé le 8 juin 2026 qu’une phase de transition permet l’utilisation de l’EORI SIRET et/ou de l’EORI SIREN selon les habilitations, avec migration vers une habilitation basée sur l’EORI SIREN.
Pour TRACES NT, la douane indique qu’il suffit de modifier le numéro EORI dans la fiche opérateur : il n’est pas nécessaire de supprimer le compte existant et d’en recréer un.
Cela concerne particulièrement les importateurs de produits alimentaires, végétaux ou autres marchandises soumises à contrôles spécifiques.
Le MACF/CBAM utilise-t-il aussi l’EORI SIREN ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2026, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières est entré dans son régime définitif pour les marchandises concernées.
La douane française précise que la demande d’autorisation MACF repose exclusivement sur l’EORI SIREN et que les contrôles automatisés vérifient la cohérence de cet identifiant avec la déclaration en douane.
Ce point peut concerner un importateur achetant au Japon certains produits relevant notamment de l’acier ou de l’aluminium.
Quelle checklist avant la prochaine importation du Japon ?
Pour les opérations prévues au second semestre 2026, une vérification simple permet de réduire le risque administratif :
- confirmer l’existence de l’EORI FR + SIREN ;
- demander au transitaire ou représentant en douane quel EORI est enregistré dans son dossier client ;
- vérifier les autorisations douanières utilisées par l’entreprise ;
- mettre à jour les modèles d’instructions d’expédition et données permanentes ;
- contrôler les accès aux plateformes spécifiques si les marchandises sont soumises à des formalités particulières ;
- ne pas attendre l’arrivée du conteneur ou du fret aérien pour traiter la migration.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre EORI SIREN et EORI SIRET ?
L’EORI SIREN identifie l’entité juridique avec FR + 9 chiffres. L’ancien EORI SIRET identifie un établissement avec FR + 14 chiffres. La France migre vers l’identifiant unique au niveau SIREN.
Puis-je encore importer avec un EORI SIRET en août 2026 ?
L’EORI SIRET reste accepté dans certaines applications nationales pendant la transition, mais la douane a annoncé sa désactivation au cours du second semestre 2026. Il ne faut donc pas considérer sa disponibilité actuelle comme pérenne.
Faut-il un EORI différent pour chaque fournisseur japonais ?
Non. L’EORI identifie l’opérateur économique importateur, pas le fournisseur ni chaque transaction. Le principe du nouvel EORI SIREN est justement d’avoir un identifiant au niveau de l’entité juridique.
L’EORI SIREN change-t-il les droits de douane sur les produits japonais ?
Non. Le changement d’EORI concerne l’identification de l’opérateur. Le taux de droits dépend notamment de la nomenclature et de l’origine de la marchandise, ainsi que de l’éventuelle application de l’accord commercial UE–Japon.
Quand faut-il effectuer la vérification ?
Idéalement avant de confirmer les instructions de transport et de dédouanement. Une donnée corrigée avant le départ du Japon est généralement plus simple à gérer qu’une incohérence découverte à l’arrivée.
Sources officielles consultées
Informations vérifiées le 19 août 2026 auprès de la Direction générale des douanes et droits indirects : fiche « Le numéro EORI », actualité du 8 juin 2026 sur le passage à l’EORI SIREN dans FRANCE SESAME, lettre Import-Export du 1er juin 2026 et documentation sur les autorisations douanières dans CDS.
Pour une opération réelle, les règles applicables dépendent de la marchandise, de l’importateur et des procédures utilisées. Une vérification du dossier avant expédition reste nécessaire.
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