Importer du Japon en 2026 : le droit de douane de 3 € s’applique-t-il aux entreprises ?
Depuis le 1er juillet 2026, l’UE applique un droit forfaitaire de 3 € sur certains envois de moins de 150 €. Les flux B2B en sont exclus : voici ce qui s’applique réellement aux entreprises qui importent du Japon.
Réponse courte
Non. Depuis le 1er juillet 2026, le nouveau droit de douane forfaitaire de 3 € vise les ventes à distance B2C de biens importés d’une valeur intrinsèque inférieure ou égale à 150 €. Les flux B2B ne sont pas soumis à ce forfait : une entreprise française qui achète des marchandises au Japon reste soumise au tarif douanier normal de l’Union européenne, avec la possibilité de bénéficier d’un taux réduit ou nul au titre de l’accord UE–Japon lorsque les règles d’origine préférentielle sont respectées.
La confusion est compréhensible. Depuis l’été 2026, on voit souvent passer la formule « 3 € de droits de douane sur les colis de moins de 150 € ». Pour un importateur professionnel, cette phrase est incomplète.
Le point décisif n’est pas seulement la valeur du colis. Il faut aussi distinguer une vente à distance à un consommateur d’un achat professionnel B2B.
Qu’est-ce qui a changé le 1er juillet 2026 ?
Depuis le 1er juillet 2026, l’Union européenne a supprimé l’ancienne franchise de droits de douane applicable à certaines ventes à distance de biens importés d’une valeur inférieure ou égale à 150 €.
Un droit forfaitaire temporaire de 3 € par article de marchandise s’applique désormais aux flux concernés. Ce dispositif est prévu jusqu’au 1er juillet 2028, date à laquelle le nouveau système douanier européen doit prendre le relais.
Mais la douane française est explicite sur un point : les flux B2B ne sont pas soumis à ce droit forfaitaire de 3 €. Ils doivent être dédouanés dans le circuit professionnel et restent soumis au tarif extérieur commun de l’Union européenne.
Alors, quels droits de douane paie une entreprise qui importe du Japon ?
Pour un achat professionnel, le montant des droits de douane dépend principalement de trois éléments :
- 1La classification tarifaire du produit : son code douanier détermine le taux applicable.
- 2La valeur en douane : elle repose en principe sur le prix payé, avec certains frais à ajouter, notamment le transport et l’assurance jusqu’à l’entrée sur le territoire douanier de l’Union.
- 3L’origine de la marchandise : elle peut permettre de bénéficier d’un tarif préférentiel lorsque les conditions de l’accord UE–Japon sont remplies.
Autrement dit, il n’existe pas un « taux Japon » unique applicable à tous les produits.
Deux marchandises achetées au même fournisseur japonais peuvent avoir des droits de douane différents si leur classification tarifaire ou leurs règles d’origine diffèrent.
L’accord UE–Japon permet-il de payer 0 % de droits de douane ?
Dans de nombreux cas, oui, mais ce n’est pas automatique.
L’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et le Japon est en vigueur depuis 2019. Il prévoit des réductions ou suppressions de droits de douane pour de nombreux produits, sous réserve que les marchandises remplissent les règles d’origine préférentielle applicables.
C’est un point essentiel : « expédié depuis le Japon » ne signifie pas nécessairement « originaire du Japon » au sens douanier.
Un produit peut être vendu par une société japonaise et partir d’Osaka ou de Tokyo tout en intégrant des composants ou des transformations qui ne lui permettent pas de satisfaire la règle d’origine préférentielle prévue pour sa nomenclature.
Pour solliciter la préférence tarifaire à l’importation dans l’UE, l’importateur peut notamment s’appuyer sur :
- une attestation d’origine émise par l’exportateur japonais ;
- ou, lorsqu’il dispose des éléments nécessaires, la « connaissance de l’importateur » prévue par l’accord UE–Japon.
La bonne pratique consiste donc à vérifier la nomenclature, la règle d’origine et la preuve disponible avant l’expédition, et non lorsque la marchandise est déjà bloquée au dédouanement.
Exemple : une commande professionnelle de 140 € au Japon
Prenons une entreprise française qui commande pour 140 € de pièces techniques auprès d’un fournisseur japonais.
La valeur est inférieure à 150 €, mais la transaction est B2B.
Le raisonnement n’est donc pas :
« Moins de 150 € = 3 € de droits de douane. »
Il faut plutôt vérifier :
- 1le code douanier exact des pièces ;
- 2le taux du tarif extérieur commun ;
- 3si les pièces ont une origine préférentielle japonaise ;
- 4si une preuve d’origine valable permet de solliciter la préférence UE–Japon ;
- 5la valeur en douane retenue pour la déclaration.
Le droit de douane peut alors être nul, réduit ou dû au taux normal selon le produit et son origine.
Et la TVA à l’importation ?
Le nouveau droit forfaitaire de 3 € ne supprime pas les règles de TVA.
Pour les entreprises identifiées à la TVA en France, l’autoliquidation de la TVA à l’importation est obligatoire et automatique depuis 2022. La TVA à l’importation est portée sur la déclaration de TVA de l’entreprise plutôt que payée comme une avance de trésorerie au moment du dédouanement, sous réserve de la situation fiscale de l’opérateur.
Cela signifie qu’il faut bien distinguer :
- les droits de douane, qui peuvent représenter un coût définitif ;
- la TVA à l’importation, qui suit le mécanisme d’autoliquidation pour les entreprises concernées ;
- les frais de transport, de représentation en douane, de dossier ou de manutention, qui sont des coûts logistiques ou administratifs distincts.
C’est précisément pour cette raison que parler simplement de « frais de douane » peut être trompeur.
Ai-je besoin d’un numéro EORI pour importer du Japon en 2026 ?
Oui. Une entreprise qui réalise des opérations douanières avec un pays hors Union européenne doit être identifiée par un numéro EORI valide.
En 2026, la France poursuit par ailleurs la transition de plusieurs procédures douanières vers un EORI fondé sur le SIREN plutôt que sur chaque SIRET. Cette évolution ne change pas la nécessité de disposer d’un EORI valide, mais elle rend utile une vérification de vos données avant une nouvelle opération d’importation.
Si votre entreprise importe de manière occasionnelle, vérifier l’EORI avant le départ de la marchandise évite une difficulté administrative inutile à l’arrivée.
Le droit de 3 € est-il facturé par colis ou par article ?
Pour les ventes à distance B2C qui entrent dans le dispositif, il ne faut pas comprendre le nouveau droit comme un simple forfait de 3 € par colis.
La règle vise les articles de marchandise déclarés selon le mécanisme prévu par la réglementation. Un envoi contenant plusieurs références peut donc générer plusieurs droits forfaitaires.
Pour un importateur B2B, cette question ne change toutefois pas le traitement de son flux : les opérations B2B sont exclues du forfait et restent soumises au tarif douanier de droit commun, avec les éventuelles préférences tarifaires applicables.
Une entreprise peut-elle encore bénéficier de l’accord UE–Japon pour un envoi de faible valeur ?
Oui. La faible valeur d’une commande B2B n’empêche pas, à elle seule, de solliciter une préférence tarifaire.
Le sujet central reste l’origine préférentielle du produit et la manière dont elle est justifiée.
C’est particulièrement important pour les entreprises qui commandent régulièrement de petites séries, des pièces détachées, des échantillons commerciaux ou des références provenant de plusieurs fabricants japonais. Une mauvaise qualification de l’origine peut annuler l’avantage tarifaire attendu.
Que faut-il demander à son fournisseur japonais avant l’expédition ?
Pour sécuriser une importation B2B, demandez ou confirmez au minimum :
- la description commerciale précise de chaque produit ;
- la nomenclature douanière proposée, à vérifier côté importateur ;
- le pays d’origine réel de chaque référence ;
- la possibilité d’établir une attestation d’origine UE–Japon lorsque le produit est éligible ;
- la valeur et la devise de facturation ;
- l’Incoterm ;
- le nombre de colis, poids et dimensions ;
- le mode de transport envisagé.
Ces informations permettent d’estimer le coût rendu avant de lancer l’expédition et de réduire les échanges de dernière minute avec le déclarant en douane.
Comment calculer le coût réel d’une importation depuis le Japon ?
Pour comparer correctement un prix fournisseur japonais avec une offre européenne, ne regardez pas seulement le prix d’achat.
Le coût rendu peut inclure :
- 1le prix de la marchandise ;
- 2le transport intérieur au Japon ;
- 3le fret international ;
- 4l’assurance ;
- 5les droits de douane éventuels ;
- 6les frais de dédouanement et de représentation ;
- 7la livraison finale ;
- 8selon la marchandise, des contrôles ou obligations réglementaires supplémentaires.
L’accord UE–Japon peut réduire une partie de ce coût, mais seulement si le traitement préférentiel est effectivement applicable et correctement documenté.
Questions fréquentes
Le forfait de 3 € concerne-t-il les achats professionnels sur un site japonais ?
Pas si l’opération est réellement un flux B2B. Le fait que la commande soit passée en ligne ne transforme pas automatiquement un achat professionnel en vente à distance B2C. Le traitement dépend de la nature de l’opération et de sa déclaration en douane.
Une entreprise paie-t-elle des droits de douane sous 150 € en 2026 ?
Elle peut en payer. Pour un flux B2B, le seuil de 150 € ne crée pas une exonération générale : le tarif douanier applicable doit être vérifié selon la marchandise et son origine.
Tous les produits fabriqués au Japon sont-ils à 0 % grâce à l’accord UE–Japon ?
Non. Le taux dépend du produit et du calendrier tarifaire applicable, et le bénéfice de la préférence suppose de respecter la règle d’origine correspondante et de pouvoir la justifier.
La TVA est-elle incluse dans les droits de douane ?
Non. Les droits de douane et la TVA à l’importation sont deux éléments distincts. Pour une entreprise identifiée à la TVA en France, l’autoliquidation de la TVA à l’importation est en principe automatique.
Comment savoir combien je vais payer avant de commander ?
Il faut connaître au minimum la nomenclature douanière, l’origine, la valeur, l’Incoterm et le transport. Avec ces éléments, il devient possible d’estimer les droits et le coût logistique rendu avec beaucoup plus de fiabilité.
Ce qu’il faut retenir en 2026
Le nouveau droit forfaitaire de 3 € entré en vigueur le 1er juillet 2026 ne s’applique pas aux importations B2B classiques. Pour une entreprise française qui achète au Japon, les points déterminants restent la classification tarifaire, la valeur en douane, l’origine du produit et l’éligibilité éventuelle à la préférence UE–Japon. Le seuil de 150 € ne suffit donc pas à déterminer le coût d’une importation professionnelle.
Une opération bien préparée se joue avant l’expédition : code douanier, origine, preuve de préférence, EORI, facture, Incoterm et organisation du transport doivent être cohérents.
Pont Japon accompagne les entreprises françaises dans la coordination opérationnelle de leurs achats au Japon, depuis le suivi fournisseur jusqu’au regroupement et à l’importation des marchandises en France.
Sources officielles
- Douane française — Droit de douane forfaitaire de 3 euros sur les ventes à distance de biens importés
- Douane française — Questions et réponses autour du droit de douane forfaitaire de 3 euros
- Douane française — Origine préférentielle d’une marchandise
- Douane française — Accord de partenariat économique UE–Japon
- Douane française — Autoliquidation de la TVA à l’import
- Douane française — Vérifier la validité d’un numéro EORI
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